Gustave Julien
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Gustave Julien
1870 Toulouse - 1936 Paris
Interprète, administrateur colonial, professeur, donateur
Gustave Julien suit des études à l'École des interprètes de Madagascar créée par Le Myre de Villiers dès 1887 et débute sa carrière en 1890 à Tananarive en tant que commis interprète et professeur, il y sera ensuite nommé administrateur colonial.
À partir de 1892, il participe à différentes expéditions dont la mission d'Uzès au Congo, organisée pour « venger le meurtre de Léon de Poumayrac et de sa troupe » ainsi qu'aux missions Monteil et Marchand. Il part au Tchad au 1912 sous les ordres du colonel Largeau.
Dès 1903, il demande à être chargé de cours de langue et civilisation Malgache à Paris, appuyé par Joseph Gallieni. Statut renouvelé avec l'appui de Gaston Doumergue en 1911, puis à partir de juillet 1913 pour trois ans. Lors de son passage en France en 1903, il demande l'autorisation « d'emmener un domestique indigène » qui pourrait peut-être être Rainizanabelona, l'homme représenté sur des clichés de Julien transmis au muséum.
En 1913, il est envoyé en Côte d'Ivoire. En 1915, il est nommé gouverneur des Établissements français de l'Océanie et organise l'envoi de contingents de « poilus Tahitiens » vers la Métropole. Il achève sa carrière administrative en tant que gouverneur de Tahiti avant de rejoindre Paris en 1920 pour se consacrer à l'enseignement.
Lors de sa résidence à Madagascar, comme de nombreux coloniaux, il contracte le paludisme (tout comme son épouse) ce qui lui vaudra plusieurs séjours de convalescence en stations thermales tout au long de sa carrière pour anémie palustre et rhumatismes (Encausse en 1898, Ax les Thermes en 1911, Vichy en 1919).
C'est durant son séjour à Madagascar, où il est soldat dans l'infanterie de Marine (1892-1893) puis interprète militaire (1894-1896), qu'il constitue une collection ethnographique dont il fait don au muséum de Toulouse en 1898. Il transmet les noms vernaculaires et indique l'usage de chaque item. Il transmet également une série de ses photographies et des spécimens naturalistes (paléontologie et zoologie, une petite vingtaine d'items identifiés dans les fonds) et prélève 13 crânes humains dans des sépultures et à l'issu des champs de bataille (des recherches sont en cours).
Sa carrière lui vaut d'être récompensé par la Légion d'honneur (Croix en 1895, officier en 1914, Commandeur) et la Croix de guerre.
Il décède en 1936 à Paris et est enterré au cimetière de Terre-Cabade à Toulouse (section 6 division 27). Durant ses séjours en France, il résidait "Villa Suzanne" (prénom de sa fille décédée enfant) au 1, rue de Madagascar à Toulouse.
Le fonds Julien fait l'objet de recherches financées : MESRI (2024) et ANR-MILPAT (2025-2027).
Collections Liées
Archives, étiquettes
Bibliographie
Sources
- archives muséum, A 06 12 44 : Registre de correspondance sortante 1900-1906
- archives muséum, A 09 04 77 Demande de photographies, Chauvicourt, Sudre
- ANOM EE II 1051 Dossier personnel Gustave Julien
- OCLC 754152155 « Mort du Gouverneur G. Julien », Léonce Joleaud, Journal de la Société des Africanistes, 1936, T6-2 - Persée
- Journal officiel de Madagascar et dépendances, 13 mars 1897 - Gallica
- « L’Académie malgache, dans le programme de colonisation de Gallieni », Ravalitera Pela, L'Express de Madagascar, 15 juillet 2015
- « Le système monétaire malgache des temps anciens », Hébert, J.-C., Tradition et dynamique sociale à Madagascar, 1878
- OCLC 461974836 Dictionnaire des rues de Toulouse : voies publiques, quartiers, lieux-dits, enseignes, organisation urbaine, Pierre Salies, 1989
AUTEUR
Personnes en lien
Joseph Gallieni
(1849-1916)
Léon de Poumayrac
(1861-1892)
Photo. d'en-tête : Victor Bonhenry, atelier de taxidermie, photo. Trutat - coll. muséum, MHNT.PHa.1824.06.001a
Notice : Julia Vila, chargée de recherches documentaires et des collections dites miscellanées, 2024


